Témoignage de Mary

Mary a 50 ans et elle lutte contre le cancer depuis plus de deux ans. Elle s’occupe aussi de son mari, paralysé d’un côté suite à un accident cardio-vasculaire. Mary se sent parfois bien seule.


Mary Sauro et sa maman



"Un combat permanent" 

Un jour, je décidé de consulter croyant souffrir d’une infection urinaire. Les docteurs ont palpé une masse; ils pensaient que j’étais enceinte de cinq mois, mais ce n’était pas possible ! Les examens ont finalement révélé que j’avais un cancer. En fait, j’en avais deux : un dans l’utérus qui était de la taille d’une noix, et un autre plus gros, dans les ovaires, qui comprimait ma vessie. Pourtant, je n’ai jamais eu de douleurs; je me sentais juste un peu gonflée ! J’espère qu’un jour on trouvera des médicaments capables de prolonger la vie des gens qui en souffre, je souhaite que la recherche puisse permettre de vaincra cette maladie.

Mary travaille à la Société de recherche sur le cancer depuis plus de 20 ans et elle n’a pas eu d’autre choix que d’apprendre à vivre avec cette maladie.


Vivre avec la maladie 


"Les infirmiers sont comme des anges"

J’ai dû attendre trois mois avant qu’on m’opère. Finalement, l’opération, c’est-à-dire l’ablation de l’utérus, s’est fait la veille de Noël, le jour de mon anniversaire et cela a duré 5 heures et demi. J’ai eu des complications. J’ai dû rester deux mois à la maison pour me reposer, sans pouvoir sortir dehors. Je devais aussi m’occuper de mon mari qui requiert des soins. Heureusement, ma famille et le CSLC m’ont beaucoup aidé. Mais c’était difficile. Il a fallu ensuite entamer la chimiothérapie. J’avais du mal à me déplacer, car des muscles avaient été coupés lors de l’opération. Il a donc fallu que je réapprenne à marcher. Heureusement, les infirmiers de l’Hôpital général juif étaient là pour m’aider. Ce sont comme des anges, qui m’ont supportée lors de mes nombreux traitements.

"Les effets secondaires vous secouent"

Trois mois après le début de mes traitements, j’ai commencé à perdre mes cheveux et mes sourcils. Le plus difficile, ce sont les effets secondaires; les os et les muscles vous font mal ! On se sent épuisé tout le temps. Il fallait aussi faire attention à mon alimentation : laver la nourriture, tout faire bouillir pour tuer les germes, puisque mon système immunitaire était très affaibli. On m’a également recommandé des traitements de radiothérapie, cinq jours par semaine, avec encore là d’autres effets secondaires. C’était de plus en plus demandant; je me sentais faible et sans appétit, je ne pouvais plus conduire, et j’avais des pertes de mémoire.


"Les gens me regardent comme si j'étais une miraculée"

En novembre 2013, à la suite de mes traitements, j’ai pu reprendre progressivement mon travail à la Société de recherche sur le cancer. Aujourd’hui, je me sens encore fatiguée et pas encore à 100 % de ma forme. Ma priorité demeure mon mari avec qui je partage 30 ans de vie commune. Je crois beaucoup en la recherche. Les traitements d’aujourd’hui sont beaucoup plus efficaces qu’il y a 20 ans. Une des clés du traitement reste de bien manger et de prendre soin de son corps. On appelle ça la PRÉVENTION. À nous de faire attention ! J’ai toujours pensé qu’il était important d’aider les gens autour de soi. J’apprécie aussi tous mes amis ainsi que mes collègues de la Société de recherche sur le cancer qui m’ont appuyée durant ces moments difficiles. J’essaie également de demeurer positive. J’ai aussi donné mes organes enlevés lors de l’opération à la recherche. Les gens me regardent aujourd’hui comme si j’étais une miraculée !